Pour ceux qui ignorent à quoi ressemble
la Corée du Nord (appelée plus communément la
République Démocratique Populaire de Corée),
voire même la production cinématographique de ce doux
pays, précipitez-vous dans le cinéma qui aura
l'exclusivité du Journal d'une jeune
Nord-Coréenne à partir du 5
décembre 2007.
On le sait depuis toujours, le cinéma est un vecteur
politique important.
Kim Jong-il et son fils Kim Il-song
sont tous deux des passionnés de cinéma, l'un ayant
construit un musée national du cinéma et l'autre
ayant publié plusieurs ouvrages sur le cinéma. La
capitale Pyongyang possède ses propres
studios avec des technologies de pointe. Bien souvent, le
cinéma nord-coréen ne dépasse pas les
frontières, et parcourt au mieux quelques festivals. Source
de divertissement et vecteur d'une idéologie commune
(travail, famille, patrie), le cinéma nord-coréen
aime les belles héroïnes, les mélodrames et les
films historiques.
Le Journal d'une jeune
Nord-Coréenne n'échappe pas à la
règle. L'héroïne est jeune et belle et
livrée à une cruelle problématique : choisir
sa destinée. Doit-elle se consacrer aux sciences pour le
bien de la patrie ? Aura-t-elle un jour la chance de
concrétiser son rêve de toujours (avoir un
appartement) ? Comment gérer la maladie de sa mère
?
Kim Jong-il a participé au
scénario et au montage du film. D'où la mise en avant
de certaines valeurs morales très marquées :
ascension sociale, dominance du père, respect des anciens,
exaltation des sciences, des sports collectifs et des trajectoires
héroïques. Nombre de "plans-symboles" viennent hanter
le film. Plan d'arrêt sur des images fixes de Pyongyang,
dialogues exaltant la figure paternelle, les produits de la terre
et leurs bienfaits pour le corps, livraison de la "fameuse" recette
du caramel aux pommes de terre, gros plans sur les merveilles de la
nature (fleurs, champs, lacs)...
Jusqu'ici, on ne savait rien (ou presque) de la
Corée du Nord. Son cinéma, s'il dépasse les
frontières, permettra de créer des images
(contrôlées, toujours) de cette contrée
mystérieuse et sinueuse. Le tout étant de faire le
tri entre propagande et divertissement. Le Journal d'une jeune
Nord-Coréenne pourrait être une
légère avancée en ce sens, même si, sur
un plan esthétique et idéologique, ce cinéma
nous replonge dans les méandres d'un lointain cinéma
soviétique.






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