Accueil Date de création : 14/06/07 Dernière mise à jour : 07/09/09 19:03 / 108 articles publiés

Japon

Akira Kurosawa : sa forteresse cachée  (Japon) posté le lundi 03 mars 2008 17:00

Dix ans après sa mort, Akira Kurosawa renaît de ses cendres par le biais d'un de ses documentaires. Le film, inachevé, avait été confié aux Archives Nationales suite au décès du réalisateur en 1998.

 

A la base : un projet initié par Akira lui-même en 1983, entrepris pour filmer la représentation de la pièce Yashima de Zeami Motokiyo, l'acteur et dramaturge japonais du 14ème siècle qui énonça les grands principes du théâtre Nô. De ce tournage, ne sont restées que 50 minutes de rushes. Puis, le film fut stoppé net, le réalisateur trop préoccupé par le financement et les complications dues au tournage de Ran (un de ces chefs d'oeuvres).

 

Grâce au travail sans relâche d'archivistes, 10 minutes d'archives filmées par Kurosawa ont été retrouvées. Donc, pour résumer : 50 minutes + 10 minutes = 1heure. Largement de quoi présenter aux festivités qui auront lieu en 2010 pour les 100 ans de l'anniversaire de la naissance d'Akira Kurosawa sous la bannière «AK100 Project» (un mémorial avec expos, livres, timbres, jeux videos, etc).

 

Tout ceci sous le haut patronnage de Hisao Kurosawa, fils de et président de la compagnie Kurosawa Productions qui résuma cette entreprise en une phrase : «Mon espoir : que les gens, spécialement les jeunes spectateurs, découvrent le travail d'Akira Kurosawa. Ce mémorial sera mon acte final de dévotion.» Merci.

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Hiroshi Teshigahara en DVD !  (Japon) posté le vendredi 21 décembre 2007 17:29

Hiroshi quoi ? Hiroshi Teshigahara, l'un des maîtres de la Nouvelle Vague japonaise, versant indépendant et moins politisé, à la lisière de l'expérimental. Carlotta Films, l'éditeur de DVD de qualité, a eu la bonne idée de réunir trois classiques : Le Traquenard, La Femme des sables et Le Visage d'un autre dans un coffret collector indispensable à une dvdthèque de choix.

 

La Femme des sables, ressorti en version inédite en début d'année, part d'un postulat basique : une femme, un homme, une hutte enfouie dans la dune. Hiroshi Teshigahara adapte le romancier Kôbô Abe et fait de cette fable allégorique un essai pictural d'une beauté plastique hors du commun. Plus rares, Le Visage d'un autre, un conte hypnotisant sur l'identité et l'absence et Le Traquenard, son premier long métrage, un récit étrange filmé au coeur d'une ville minière.

 

Pour aller encore plus loin dans son oeuvre, deux documentaires signés Hiroshi Teshigahara sur le boxeur portoricain José Torres, cinq courts métrages et une analyse passionnante de ce cinéaste d'avant-garde par Mathieu Capel, spécialiste de la Nouvelle Vague japonaise.

 

Indispensable, on vous dit. Merci Carlotta !

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Rétrospective Ozu à l'Action Ecoles  (Japon) posté le vendredi 21 décembre 2007 17:21

Passer son après-midi dans une salle obscure parisienne à contempler la beauté picturale du Goût du riz au thé vert ou de Crépuscule à Tokyo, voilà ce qui vous attend du 26 décembre au 15 janvier 2008 dans la légendaire salle parisienne Action Ecoles.

 

Carlotta Films propose une rétrospective (presque) complète des films du maître Yasujiro Ozu : des classiques Goût du Saké et Bonjour, aux plus rares Gosses de Tokyo et Histoires d'herbes flottantes, l'occasion est trop belle pour ne pas en profiter.

 

Comme un bonheur ne vient jamais seul, il est vivement conseillé de poursuivre avec la lecture de L'Elégance du hérisson ou comment Ozu peut modifier le quotidien d'une gardienne d'un immeuble parisien.

 

Un seul mot : osez !

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Kinotayo : Festival du Film Japonais Contemporain  (Japon) posté le samedi 10 novembre 2007 18:26

 

Retrouvez la 2ème édition du Festival du Film Japonais Contemporain Kinotayo du 13 au 20 novembre 2007 à la Maison de la Culture du Japon et à l'Elysée Biarritz.

L’objectif de Kinotayo est noble. Il s'agit de développer la connaissance et de favoriser la compréhension de la culture, de l’histoire et des modes d’expression japonais auprès du public français, en contribuant à une plus large diffusion de la création cinématographique du Japon en France.

La sélection des films est essentiellement centrée sur le cinéma contemporain (films lancés au Japon dans les 18 derniers mois).

Pour en savoir plus, rendez-vous ici.

 

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Naomi Kawase, entre ciel et terre  (Japon) posté le mercredi 31 octobre 2007 20:07

Enfant chérie du Festival de Cannes, Naomi Kawase en a fait du chemin depuis sa Caméra d’Or remportée en 1997 pour Suzaku. Dix ans auront suffit à cette réalisatrice nippone pour s'octroyer une place de choix parmi la crème des crèmes des cinéastes dits « auteurs ». Consécration suprême avec le Grand Prix du jury du 60e Festival de Cannes attribué à son drame contemplatif La Forêt de Mogari. Retour sur une réalisatrice discrète.

 

Nara, ville natale

Sa ville natale, Nara (située à l'ouest du Japon), Naomi Kawase en a toujours fait le point de départ de ses films. Abandonnée par ses parents à la naissance, ce sont ces grands-parents qui ont pris en charge son éducation. En quête perpétuelle de ses racines, Nara constitue l'ancrage identitaire de Naomi Kawase. De Suzaku à La Forêt de Mogari, en passant par Shara, cette ancienne capitale nipponne est omniprésente. Non loin de là, justement, se situe la forêt de Mogari, une région montagneuse dans laquelle, chose inhabituelle au Japon, on enterre les morts sans crémation. Cinéaste de l'intime, Naomi Kawase n'a cessé d'explorer les événements de sa vie pour les imprimer sur pellicule. Son documentaire Dans ses Bras retrace son parcours, à la recherche du père qui l'a abandonnée. Des années plus tard, elle décrit les liens charnels qui l'unissent à sa grand-mère dans Naissance et maternité. Une grand-mère atteinte de légère démence sénile, qui fut à l'origine de La Forêt de Mogari. Vie et cinéma se confondent dans l'itinéraire de cette artiste sensible. « C'est formidable d'avoir pu faire des films et de continuer à en faire. Je suis contente. C'est très dur de réaliser. Je crois que c'est aussi difficile que de vivre ; cela ressemble à la vie. »

 

Au fil des films

Naomi Kawase a étudié la photographie à l'Ecole des Arts visuels d'Osaka et y a réalisé quelques films expérimentaux vers la fin des années 80. Dès 1993, la novice reçoit un prix d'encouragement au Festival de l'Image de Tokyo pour son documentaire Dans ses Bras, ainsi que le prix de la presse Fipresci au Festival d'Yamagat. Les prix s'enchaînent avec la Caméra d'Or pour Suzaku, un nouveau prix Fipresci pour Hotaru, jusqu'au Grand Prix du jury à Cannes pour La Forêt de Mogari.

Artiste indépendante, elle assure, outre la mise en scène, le financement, la production et le scénario de La Forêt de Mogari, tel un vrai artisan. « Dans l'industrie cinématographique japonaise, réaliser des films est considéré comme un domaine où il faut se dépasser et qui nécessite de la souffrance. Poursuivre un rêve en s'économisant, c'est quelque chose qui serait pardonné à un homme mais pas à une femme. Cette sorte d'intolérance de la vieille génération est toujours apparente au Japon et c'est toujours une grande barrière à surmonter. »

Privilégiant la sincérité de ses personnages à la complexité d'une intrigue, Naomi Kawase fait souvent appel à des acteurs amateurs. Pour La Forêt de Mogari, elle a casté Uda Shigeki, un comédien non professionnel qui a séjourné pendant trois mois dans une maison de retraite pour travailler son rôle.  

 

Mo Agari

Mogari désigne la période consacrée au deuil. Etymologiquement, Mo Agari, symbolise la fin du deuil. La Forêt de Mogari évoque la complicité entre un vieil homme, inconsolable depuis la mort de son épouse trente-trois ans plus tôt et une aide-soignante qui vit avec la douleur d'un enfant disparu. « C'est une grande empathie qui les lie l'un à l'autre et non un sentiment de tristesse. Ceux qui ont perdu un être cher sont souvent plus sensibles à la douleur des autres. »

Cette oeuvre contemplative met en avant le pouvoir rédempteur de la nature. Au bord du désespoir, ces deux êtres vont fuir à travers la forêt, lieu qui va les rattacher à la vie. « La nature existe en soi, indépendamment de toute intervention de l'homme. On s'y sent protégé. » Dans ce film, on entend le murmure du vent, la force d'un orage, le crépitement du feu. Naomi Kawase accorde une place majeure aux éléments naturels. « C'est quand nous trouvons du réconfort dans des choses immatérielles telles que les sentiments humains, la lumière et le vent, ou l'ombre de quelqu'un qui vient de mourir, que nous pouvons alors assumer notre solitude. »

Un souffle d'espoir intervient à la fin de cette fugue céleste lorsque le vieil homme déclare : « Je vais dormir dans la terre. Comme je me sens bien ! » Nature rédemptrice et apaisante, tel serait le message véhiculé par Naomi Kawase.Ainsi a-t-elle terminé son discours cannois par ces quelques mots : « Quand on trouve ce point d'appui dans le monde, on peut être tout seul et continuer. Merci d'avoir apprécié mon film, d'avoir reconnu ce que je voulais dire à travers lui. Merci beaucoup ! Ce monde est formidable ! » Merci Naomi.  

 

Pour voir la bande-annonce, c'est ici


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